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Education : la première génération de « FabManagers » est née

Ndiinfos 21 SEPT. 2026 a 12h11 5 min de lecture
Education : la première génération de « FabManagers » est née

La phase résidentielle de formation des FabManagers des FabLabs éducatifs et des Centres Régionaux d'Innovation Technologique (CRIT) a tiré son rideau à l’Institut National de Formation et Perfectionnement Professionnels (INFPP) de Lomé ce 18 septembre, en présence de Mama Omorou, ministre de l’éducation nationale. Au terme de quatre semaines de formation intensive, le ministère de l'Éducation nationale pose un acte fondateur : faire de l'apprentissage par le faire le socle d'une nouvelle doctrine éducative togolaise.

Une clôture qui n'en est pas une

« Si cette cérémonie marque l'aboutissement d'une séquence pédagogique exigeante, elle constitue, sur le plan stratégique, le point de départ d'une nouvelle doctrine de notre système d'Enseignements Scientifique, Technique et de Formation Professionnelle », a déclaré Monsieur Omorou en ouverture de son discours. Une formule qui résume l'ambition du dispositif : ces quatre semaines de résidence ne sont qu'un commencement, celui d'un chantier de transformation structurelle du modèle de formation togolais.

Le choix politique de la souveraineté technologique

L'initiative s'inscrit explicitement dans la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, portée par Faure Gnassingbé, qui érige la transformation du capital humain en priorité stratégique. Le constat qui fonde cette démarche est sans détour : face à une révolution industrielle marquée par l'intelligence artificielle, la robotique avancée, la fabrication additive, l'automatisation et l'Internet des objets, le Togo refuse la posture de simple consommateur de technologies importées.

L'enjeu, selon le ministre, est de faire basculer la jeunesse togolaise « du statut d'utilisatrice à celui de conceptrice, de productrice et d'adaptatrice de solutions technologiques endogènes ». Une ambition présentée non comme un choix technique, mais comme une responsabilité politique et historique, directement rattachée à la souveraineté économique du pays.

Des ateliers aux écosystèmes d'innovation

Le discours opère une rupture conceptuelle nette : les FabLabs éducatifs et les CRIT ne sont plus pensés comme de simples ateliers équipés d'imprimantes 3D et de matériel électronique, mais comme l'infrastructure de base d'une nouvelle architecture pédagogique, déployée sur trois dimensions : des laboratoires d'apprentissage par le faire, destinés à opérationnaliser la pédagogie par projet et l'approche par compétences, en permettant le passage de la théorie à la prototypisation rapide ; des catalyseurs de compétences du XXIe siècle, où la maîtrise technique — modélisation 3D, programmation embarquée, électronique, design thinking — sert de vecteur à des compétences transversales : pensée complexe, résolution de problèmes, travail collaboratif, persévérance, et des nœuds d'un écosystème territorial, interfaces entre l'école, le tissu entrepreneurial local, les communautés de makers et les centres de recherche.

Les FabManagers, pierre angulaire du dispositif

Au cœur de cette architecture se trouvent les FabManagers eux-mêmes, dont le ministre a redéfini la fonction en des termes qui dépassent largement la maintenance d'équipements. Trois missions leur sont désormais confiées : l'animation d'une pédagogie ouverte où enseignants et apprenants co-conçoivent et co-fabriquent ; la connexion entre établissements, entreprises et écosystème national d'innovation ; et une mission d'inclusion, avec une exigence explicite sur l'accès des jeunes filles aux filières STEM et l'accessibilité pour les apprenants en situation de handicap — érigées en indicateurs de performance et non en simples principes déclaratifs.

« La formation que vous venez d'achever vous a dotés d'outils. Elle vous confère désormais une obligation de résultats », a insisté le ministre, plaçant d'emblée les nouveaux diplômés sous une exigence d'impact mesurable.

Une feuille de route pour la suite

La clôture de la phase résidentielle ouvre sur un processus de professionnalisation continue, structuré autour de trois axes : la constitution d'un réseau national de FabManagers pour mutualiser les ressources pédagogiques ; la documentation et la capitalisation des productions des FabLabs dans une bibliothèque numérique nationale, avec réplication des initiatives les plus pertinentes ; et un ancrage dans l'excellence, via une immersion au Pôle universitaire d'innovation et de technologie (UniPod) de l'Université de Lomé, suivie d'un stage pratique d'un mois dans des FabLabs de référence avant tout déploiement.

Le triptyque retenu pour guider cette dynamique — créer, expérimenter, transmettre — condense la philosophie du dispositif : une innovation qui se construit dans l'action et ne prend son sens que comme dynamique collective et intergénérationnelle.

Un partenariat au service de la montée en compétences

Le ministre a tenu à saluer l'engagement du Fonds National d'Apprentissage, de Formation et de Perfectionnement Professionnels (FNAFPP), dont le soutien financier a rendu possible cette formation, ainsi que le travail de l'Institut National de Formation et de Perfectionnement Professionnels (INFPP) et de son équipe d'experts formateurs.

Au-delà de la cérémonie protocolaire, ce lancement traduit un pari éducatif de long terme : transformer, par le biais de professionnels formés et investis de missions élargies, des équipements technologiques isolés en un véritable écosystème national d'innovation. Reste, pour les FabManagers désormais formés, à transformer cette ambition en résultats concrets sur le terrain — seule mesure, selon le ministre lui-même, de la réussite de cette nouvelle doctrine éducative. Fin

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