Le tout puissant maire de la commune du Golfe 5, Kossi  Agbegnigan  ABOKA opposera-t-il sa classique politique de tout casser à l’entrepreneuriat et au  développement à la base prôné par la Première Ministre Victoire DOGBE? Cette vision si chère à la première ministre qui a d’ailleurs fait ses preuves durant son passage au ministère du développement à la base n’est pas un secret de polichinelle.

C’est néanmoins ce que laisse croire la descente sur le terrain ce lundi 25 octobre du maire du Golfe 5. L’homme avait averti et dépêché des agents municipaux afin de sensibiliser les citoyens qui encombraient les trottoirs de la commune de faire diligence. Joignant les actes aux paroles, le maire et ses assesseurs, munis d’un bulldozer et des camions a fait le tour des quartiers Atikoume et Lomégan où tout a été rasé sur son passage.

Des dérives criardes

S’il est inconcevable d’occuper les trottoirs, ce qui peut pousser les piétons à emprunter la chaussée et s’exposer aux accidents, il n’en demeure pas moins que de nombreuses dérives ont été constatées lors de la sortie du maire du Golfe 5.

Les étalages qui n’étaient même pas dans le ressort du trottoir sont rasés, des mobiliers et biens des populations confisqués. Des interpellations ont été faites, des citoyens brimés. Entre le zèle à outrance des forces de sécurité dépêchées pour la circonstance et des agents municipaux, nous avons assisté à des scènes de désolation, de pleurs et de désarroi.

 

” Je viens à peine d’installer mon conteneur à hauteur de 600 mille francs. C’est tout ce que j’avais pour démarrer quelque chose et aider ma famille. S’il y a un Dieu, il l’est pour nous tous”, criait en pleurs une dame à Atikoume.

“J’ai fait du porte à porte dans ce quartier pour qu’on vote pour ce monsieur, aujourd’hui il est venu pour détruire ce qui me fait nourrir ma famille, il n’y a pas de problème” a retoqué, très amer un jeune aux abords de l’école primaire d’Agbalepedogan.

A Lomegan, un jeune conçoit mal qu’à toutes les réunions avec la commune, on leur a parlé de trottoirs et qu’au jour J, on vient raser tout l’espace. Pire, on leur fait payer des taxes sur ces espaces. Voulant des explications, il a été interpellé par les forces de l’ordre.

Un père de famille qui protestait également contre cette manière de procéder par le maire et qui voulait arguer que sous les hautes tensions de Lomégan ne doivent pas être assimilé ni aux trottoirs, ni à une réserve administrative a été violemment molesté par les agents. Mêmes les curieux ne devraient pas assister à l’opération, ni filmer les scènes, de graves violations aux libertés individuelles.

Demandant la définition du mot trottoir au maire et sa délimitation, nous n’avons eu que cette réponse.

” Les trottoirs sont faits pour les piétons. Nous ne devons pas laisser les populations les encombrer par les commerces et les étalages. Libérons les trottoirs pour les piétons”.

Victimes d’un conflit latent de territorialité entre les Golfe 5 et 7

Dans sa cabale, le maire du Golfe 5 aurait empiété sur le territoire de son homologue de Sagbado. En effet, les jeunes entrepreneurs dont les bâtiments et meubles ont été rasé à Atikoume opéreraient sur le territoire du Golfe 7, normalement sous le contrôle du maire Aimé Djikounou. Chose curieuse, la plupart de ces entrepreneurs dispose des autorisations d’exploitation qui leur permet d’implanter leurs entreprises aux abords de la voie, sur le versant ouest, qui débouche sur la frontière avec le Ghana. Ces autorisations délivrées par la commune de Sagbado n’ont même pas eu d’égard devant le maire Kossi Aboka qui demandait sur place à ces assesseurs de ne laisser personne l’approcher. Pire, les agents de la direction des services techniques de la commune du Golfe 7, interpellés et qui se sont dépêchés sur les lieux ont été muselés. Un agent des forces de l’ordre dans la tension a même pompé du lacrymogène dans les yeux de l’un de ces agents. L’on se demande toujours pourquoi ?

Interrogé sur la compétence territoriale sur cette partie, le maire a opposé le silence comme réponse.

Même si le maire Djikounou est allé apaiser les cœurs ce mardi 26 octobre, il n’en demeure pas moins que le mal est déjà fait. Les populations sont victimes de ces problèmes latents de compétence territoriale qu’il urge de régler.

Qu’en est-il de l’espace vert de GTA?

Le maire Aboka tient la renommée des casses, c’est indéniable. De son passage à la délégation spéciale, l’homme a marqué son territoire par ces œuvres décriées par tous. A côté il vantait un projet noble de mise en place des espaces verts afin de rendre la ville de Lomé belle. Si l’on prend le cas des abords de la nationale 1 en longeant GTA pour aller à Agoè, on se souvient que le tout puissant maire avait détruit les commerces des populations pour ces espaces verts. Aujourd’hui après trois ans, nous n’avons que des bourbiers à la place. Le jardin que le maire veut édifier à Lomegan aura t-il la même image ou couleur que celui de GTA trois ans plus tard ? Quel suivi fait-on des plants mis en terre après ces nuisibles opérations qui plongent davantage les jeunes dans la détresse?

La course au financement

Dans ces justifications, le maire du Golfe 5 privilégierait plus le financement des bailleurs de fonds au bien-être des populations. Unanimement, l’on s’accorde à relever que peu ressentent les impacts réels de ces financement dans le panier de la ménagère. Le maire clamait que les marchés sont vides. Lesquels? Les partenaires en développement dont les exigences sont censées ne devraient pas aussi perdre de vue que nos pays ont leurs propres réalités. Mais en amont qu’est-ce qui pousse le maire à agir de la sorte si un bon usage a été fait des financements précédents? Les infrastructures nécessaires ont-elles été construites et délaissées par les populations pour les trottoirs? A qui profitent réellement ces financements?

Des criminels en gestation

Pourquoi s’interroge-t-on du taux élevé de la criminalité ou de la montée de l’extrémisme quand la jeunesse à l’impression d’être prisonnier d’un système d’oppression? A l’ère de l’entrepreneuriat où chacun initie quelque chose, pourquoi doit-on venir anéantir les rêves et espoirs de jeunes qui ont la volonté de faire quelque chose? Pourquoi se nourrir de la désolation et des larmes des populations?

Comme un jeune le disait à Lomegan, ” développement à la base de Dogbé, entreprenez les jeunes, Aboka viendra tout casser, lol”.

Démocrate

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