La Journée internationale de l’enfant africain est célébrée chaque 16 juin partout ailleurs en Afrique. Pour marquer d’un cachet spécial cette journée au Togo plus précisément dans la préfecture de Kloto, le Centre de Développement des Enfants CDE AVULELA de KUMA-ADAME a organisé une série d’activité autour du thème: <<Enfant africain, je suis fière de l’être. Africain que je suis, moi aussi j’ai des valeurs, j’ai des droits. >>

L’organisation de la célébration de la journée de l’enfant africain a conduit à une causerie-débat portant sur les 4 droits fondamentaux de l’enfant : droit à l’identité, à la santé, à l’éducation et à la protection, qui s’est tenue le mardi 15 juin et animée par TEKPO Komla Sidzedze Coordinateur du CDE AVULELA.

Dans le respect strict des mesures barrières à la propagation de la maladie du coronavirus, l’enceinte de l’Eglise a servi de cadre pour le bon déroulement de ce programme de débat auquel différentes couches sociales de la localité ont assisté, initié par le Centre de Développement des Enfants CDE AVULELA TG0946 de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo (EEPT) paroisse de Kuma-Adame, partenaire à l’ONG Compassion International TOGO.

A l’ouverture de ce débat, s’inspirant du livre des Proverbes 22v6 ”Instruis l’enfant selon la vois qu’il doit suivre; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas” le Catéchiste TSOASSEYE Kossi a parlé du droit et du devoir de l’enfant selon la parole de Dieu et les parents d’après Proverbes 3v1-2 ”Mon fils, n’oublie pas mes enseignements et que ton cœur garde mes préceptes. Car ils ils prolongeront les jours et les années de ta vie et ils augmenteront ta paix.” Ils doivent éduquer les enfants et ils doivent y arriver en se servant des fois des versets bibliques. ‘’Éduquer un enfant requiert de la sagesse et cette sagesse vient de Dieu. D’où la crainte de l’Éternel est le commencement de toute sagesse’’ a-t-il poursuivi avant d’inviter les enfants à leur tour à garder et appliquer les enseignements qui leurs sont inculqués.

Les échanges au cours de ce débat ont permis de mettre un accent sur le droit à l’éducation de l’enfant dans la mesure où ce droit bafoué, préoccupe plus les responsables de la communauté. D’après les analyses faites par M. Johnson enseignant au Cours Primaire du village, l’éducation au niveau scolaire est à revoir. Les parents ont tendance à accuser les enseignants de la paresse des enfants dans leurs études. Ce qui n’est pas le cas. Ce cadre de la localité déplore plutôt une grande paresse des parents dans le suivi scolaire des enfants et aussi le manque de moyens pour les soutenir matériellement.

Un autre point ; pas les moindres a touché l’état vestimentaire malsain des enfants à l’école et aussi le manque d’encouragement ou des promesses faites aux enfants pouvant les motiver dans leurs études.

Il a conclu en lançant un appel pressant aux parents de se réveiller en mettant tout en œuvre pour l’éducation meilleure de leurs enfants. Les parents doivent savoir qu’ils sont les premiers responsables de l’éducation des enfants. L’école est là pour accompagner ces derniers à réussir leur vie.

A la question de KOUGBANI Lucien, Président de la CVD du village de savoir « Que faire si aujourd’hui les bâtons sont refusés dans l’éducation des enfants? » ; le Coordinateur lui a fait d’abord comprendre que dans la culture africaine, le bâton est considéré comme l’instrument qui peut discipliner l’enfant et son usage intervient toujours dans l’éducation de ce dernier. Le bâton n’est pas un instrument indispensable dans l’éducation des enfants mais il faut savoir quand et comment l’utiliser pour que l’enfant comprenne que ce qu’il a fait mérite d’être corrigé avec le bâton. Il faut que les uns et les autres comprennent que lorsque la discipline éducative est mal exercée, l’enfant devient un problème pour la société pouvant présenter des troubles de conduite sociale. « Pour mieux éduquer, il faut toujours cultiver le dialogue avec l’enfant », ce qui est vivement souhaité.

Quelques mères des bénéficiaires ont regretté l’absence de leurs maris à cette causerie-débat. Elles s’encouragent à faire beaucoup d’efforts dans l’éducation des enfants et de tout faire pour devenir amies avec les enseignants qui les aideront à leur tour à mieux suivre les enfants. Elles ont émis le vœu qu’aux prochaines séances de ces discussions, l’accent soit mis sur la participation active des hommes ce qui sera un grand atout du fait que l’éducation monoparentale rencontre toujours de problème.

Le représentant du Chef du village a remercié tout l’ensemble du CDE pour l’initiative du débat et a aussi déploré l’absence des hommes puisqu’ils sont le plus impliqué étant chef de famille. Il reconnaît qu’aujourd’hui, l’éducation des enfants diffère des années précédentes où ils étaient soumis à leurs parents. Il urge de revoir la manière d’éduquer les enfants. Les parents aussi doivent cesser d’insulter les enseignants et surtout devant les enfants.

La protection de l’enfance étant l’une des composantes clés sur laquelle Compassion International Togo mène différentes actions ciblées avec ses églises partenaires permettant aux bénéficiaires de son programme d’atteindre les résultats escomptés, en l’occurrence devenir des adultes chrétiens accomplis, le CDE a projeté un film très émouvant afin de mieux expliquer la thématique de la protection de l’enfance aux parents. De cette projection de film, la population a compris l’importance de protéger les enfants contre la violence, des abus et autres. Ils sont donc appelés à dénoncer ces genres de violence envers les enfants.

Le 11 juin, une grande caravane des enfants qui a sillonné les artères du village Kuma-Adame et de ses environs, a donné le ton aux activités marquant la célébration de la Journée de l’enfant Africain pour le compte du CDE AVULELA.

En la date du 16 juin même, l’équipe dirigeante du CDE AVULELA de KUMA-ADAME s’est entretenue avec ses bénéficiaires en leur faisant connaitre leurs devoirs à la maison, à l’école et dans la société.

Le CDE AVULELA membre de la fédération des 13 centres de développement des enfants et des jeunes, a également participé à la grande caravane organisée par ladite fédération le samedi 19 juin. Cette caravane a marqué la fin des activités inscrites à l’agenda de la célébration de la Journée de l’Enfant Africain par la fédération des 13 CDEJ de la préfecture de Kloto.

Nous comprenons que l’éducation de l’enfant qui est un droit fondamental est appelé à instruire ce dernier afin qu’il s’en serve aussi dans ces devoirs. Si ces droits d’éducation sont ratés alors les devoirs de même seront ratés. Les droits et devoirs des enfants sont d’autant bibliques que humanitaires.

Dissirama K.