Nous dirigeons-nous vers une confirmation de la décision du tribunal dans le cadre de l’affaire opposant Fabrice Adjakly au confrère Ferdinand Ayité et son journal « L’Alternative », voire un alourdissement de peine? C’est en tout cas ce qu’espère Me Sossah Eric, conseil juridique des Adjakly, à quelques encablures du verdict.

Le verdict concernant l’appel interjeté par le confrère Ferdinand Ayité et son journal L’alternative dans le cadre du procès pour diffamation engagé par Fabrice Adjakly sera connu ce 14 avril. L’on se rappelle que le journal et son Directeur ont été condamnés par le tribunal le 04 novembre 2020, dans cette affaire que l’on a à tort ou à raison dénommé « Petrolegate ». Au moment où tout le monde attend de voir si les juges de fonds vont confirmer ou infirmer leur première décision, Me Sossah Eric, le conseil juridique de Fabrice Adjakly, partie défenderesse en appel revient un peu sur le déroulé du procès et relève les motifs capitaux qui militeraient en faveur d’une confirmation de la première décision. Dans sa sortie, le juriste a relevé qu’aucun élément nouveau n’a été ajouté à ce dossier en appel et il n’y a aucun doute possible que l’infraction de diffamation soit consommé par Ferdinand Ayité.

« Celui qui écrit, publie ou profère une information quelconque doit avoir au moment où il l’écrit et où il publie, les informations suffisantes vérifiées par lui avant d’émettre son opinion ou sa publication. A partir du moment où il a commis l’acte de publication c’est-à-dire qu’il a mis sur la place publique une information il doit posséder au moment où il l’écrit l’intégralité des éléments susceptibles de lui permettre de justifier de sa bonne foi et expliquer que ce qu’il a dit est tout à fait exact, vérifié et conforme à la vérité. Ce qui n’a pas été le cas dans ce dossier c’est-à-dire que le journaliste n’a jamais été capable d’apporter la moindre preuve ou le moindre élément pour permettre d’expliquer ou de justifier que ce qu’il a publié est basé sur un élément de vérité. Ne l’ayant jamais fait le délit de diffamation est parfaitement consommé, le délit de fausse information aussi parce que les deux concourent ensemble finalement à éconduire et empoisonner l’opinion. Quand on dit quelque chose qui est faux ou qui n’a pas de base véridique aucune, c’est une diffamation. » , a-t-il avancé.

Le journaliste n’ayant pas pu apporter les preuves pour justifier le détournement de plus de 500 milliards de FCfa, dus à un dysfonctionnement du système de fixation des prix des produits pétroliers, de même que de la supposée fuite du plaignant, l’avocat soutient pleinement que le dossier de diffamation n’est pas vide.

Pour lui, il ne devrait même pas il y’avoir de procès en appel. Me Sossah y trouve un moyen pour le journal de gagner du temps et de continuer par intoxiquer l’opinion publique dans le but d’en faire un allié, ce qu’il dénonce.

Il s’est offusqué contre les nombreux reports dont la plupart des causes sont imputées soit aux conseils du confrère Ferdinand Ayité, soit à la disponibilité du confrère même à comparaître. Ferdinand faut-il le rappeler, à été récemment détenu dans le cadre d’une autre affaire avant d’être frappé par le deuil d’un compagnon Joël Egah que la presse togolaise n’à pas encore fini de pleurer.

« Nous sommes bien fondés à penser que pour le journaliste et son journal le temps est devenu un allié et comme on a inséminé dans l’opinion poison de la diffamation et qu’on n’a pas les moyens d’expliquer par des éléments concrets et objectifs de ce qu’on a dit, il faut gagner du temps pour que le poison de la diffamation continue de travailler dans l’opinion
C’est tout. En fait plus je gagne du temps, mieux c’est pour moi parce que pendant ce temps-là le lecteur comme ils le disent eux-mêmes le peuple croit à ce qu’on a dit et le peuple continuera de se laisser berner par ce que nous avons dit. », a déclaré l’avocat.

Il est également revenu sur l’audit réalisé et qui n’à pas été rendu public. Pour lui, cet audit n’à pas été réalisé dans les meilleures conditions de droit, ce qui l’a rendu inexploitable.

« Les auditeurs sont allés faire quelque chose qui ne leur pas demandé. Ce n’est pas aux auditeurs de dire qui doit être présenté à la justice ou pas alors qu’il s’agit de faire des conciliations », a-t-il relevé.

Il soutient qu’il est très curieux qu’un audit réalisé dans ces conditions et dont le rapport provisoire a été mis sur la place publique sans que les concernés soient informés tienne lieu de preuve à Ferdinand Ayité qui au moment de publier son article ne disposait pas de ce moyen. Au delà, les Adjakly ont répondu selon les prescriptions à toutes les conclusions de l’audit et depuis bientôt 17 mois, le rapport définitif tarde à sortir.

Révélé à l’opinion publique en juin 2020 par le journal L’Alternative, le supposé détournement de centaines de milliards de F CFA par des membres du CSFPPP (Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des Produits Pétroliers) a suscité un tollé général au sein de l’opinion publique togolaise au point où l’un des accusés, directeur financier du comité à l’époque, Fabrice Adjakly a porté plainte pour diffamation.

Le 28 octobre 2020, le procureur de la République avait requis une amende de 6 millions de F Cfa, soit 3 millions à payer par M. Ayité et 3 autres millions par le journal L’Alternative. Dans sa décision le 04 novembre de la même année, le juge a prononcé une amende de 4 millions de F Cfa, soit 2 millions par le journal, et l’autre par la personne de Ferdinand Ayité, une décision remise en cause par le journaliste en appel et qui connaîtra sans doute son sort ce 14 avril.

Woblewou