Dans nos récents articles en date du 20 et 21 septembre derniers, nous avons dénoncé le despotisme qui règne au sein de la société AMINA TOGO Sarl. Ladite société a toujours été au cœur de plusieurs problèmes. Si la dernière crise a suscité plus de réactions, il était de bonne guerre pour le plus jeune député de l’Assemblée nationale et député dans le Grand Lomé, de s’impliquer dans la résolution de cette affaire. Vincent Ameganvi puisque c’est de lui dont on parle, s’est lancé dans le rôle de sapeur-pompier dans cette guerre qui ne profite à personne.

Depuis plusieurs jours, maintenant, ce qui était annoncé comme une rumeur est devenu une clameur et des milliers d’employés de la société AMINA TOGO Sarl, une entreprise de la zone franche se sont retrouvés à la maison sans emploi. Ma démarche première fut d’organiser une série de rencontres d’une part avec la direction de la société et d’autre part avec les délégués du personnel et des syndicats. Je tiens à préciser avant tout que ma démarche n’est pas de savoir qui a raison ou qui a tort, les conflits dans le monde du travail se règlent au niveau de l’inspection du travail ou mieux encore aujourd’hui nous avons le tribunal du travail qui peut intervenir s’il est saisi. Ma démarche va dans le sens de trouver une piste de solution convenable à tous”, a déclaré le député. 

Pour revenir sur le nœud de la guerre, la direction a signifié à l’Honorable que , le conflit est né de la cessation de travail des employeurs sans préavis de grève ni aucune notification à la direction. Sur ce plan, Vincent Ameganvi admet que le code du travail est clair. 

“Il y a des préalables avant une entrée en grève des travailleurs, sans cela la grève devient illicite et l’employeur peut prendre certaines mesures pour la survie de sa société. Tout ceci est encadré par le code du travail”, a t-il clarifié.

Toujours selon la direction, les nouveaux délégués ont posé des revendications sur lesquelles ils ont d’un commun accord avec l’inspection du travail trouvé un protocole d’accord en vue de la régularisation de la situation. La direction se dit être dans la régularisation de la situation avant la survenue de la grève illicite des employeurs, ceci a été considéré par la direction de la société  comme faute lourde.

Les responsables d’AMINA TOGO Sarl ont avoué que les multiples incitations de la direction à l’endroit du personnel pour la reprise du travail s’étant soldé par un échec, elle n’a trouvé autre moyen que de se séparer de ce personnel pour faute lourde d’où le licenciement collectif de tout le personnel gréviste.

Au niveau des  délégués du personnel de la société la version est carrément différente.

Pour ces derniers, cette situation de cessation de travail qui occasionne aujourd’hui la crise au sein de la société n’est nullement une action des délégués, il s’agirait plutôt d’un mouvement spontané des employés d’une section qui de bouche à oreille a eu échos dans les autres sections, ce qui a donné le résultat d’une cessation de travail collective de la plupart du personnel”, affirme l’Honorable. 

“Après les recoupements, il ressort que le personnel par le biais des délégués, a fait des réclamations dans un premier temps sur la situation des employés de la société, ceci suite à plusieurs licenciements avec motif de fin de contrat. Selon les délégués, les travailleurs de la société n’ont pas de contrat de travail en leur possession quand ils sont engagés. Ils signent un papier avec mention ‘’lu et approuvé’’ sans avoir le temps de lire le contenu de ce papier ni en posséder une copie. Dans un second temps, les délégués déplorent un manque de dialogue permanent dans la boite avec les employeurs, et pour finir beaucoup d’autres problèmes minent la structure en partant des conditions de travail jusqu’à la rémunération,” a t-il poursuivi. 

Pour lui, il s’agit d’amener les deux partie à trouver un terrain d’attente.

“Ma démarche dans cette affaire va dans le sens de trouver une approche de solution convenable à cette crise. La situation dans la zone franche est tellement complexe qu’il faut une vraie implication de l’état pour redéfinir les choses dans le secteur car il s’agit de plusieurs milliers de Togolais qui y travaillent.

Il préconise d’ailleurs que la question de contrat de travail doit faire objet d’attention particulière. 

“Je pense pour ma part que la situation sur le contrat de travail doit être claire dans la zone franche une bonne fois pour toutes . Il faut définir le type de travail pour lequel on engage le travailleur et surtout sa durée, un contrat de travail règle tout cela normalement. C’est vrai que quand on est en quête de travail désespérément, on prend tout ce qu’on trouve sans trop se poser des questions, ce n’est qu’après que les réalités nous rattrapent.

Concernant les lettres de demande de pardon qui circulent, Vincent Ameganvi estime qu’il s’agit simplement d’une honte.

” Suite aux licenciements, la direction a commencé par réintégrer certaines personnes pour reprendre progressivement les activités ; la version officielle est que la direction reprendra tout ceux qui voudront revenir tout en acceptant de respecter leurs engagements vis-à-vis de la société. La condition non-officielle est d’abord une demande d’excuse pour la participation à la grève et pour les pertes occasionnées à la société. Même avec la demande d’excuse il n’est pas dit que vous êtes automatiquement réembauché, la direction étudie votre demande et décide ; toutefois, il faut dire qu’à ce jour plus d’un millier d’employés ont déjà repris fonction selon la direction.

Pour finir, le parlementaire a plaidé pour une réintégration de tout le personnel touché par cette situation et l’ouverture d’un dialogue sincère et permanente pour régler au fur et à mesure les multitudes de problèmes dans le secteur.

Une démarche très appréciée.

 


La démarche de sapeur-pompier joué par le politique a été saluée par un autre homme politique.  Mentor du jeune, Gerry Taama n’a pas raté l’occasion de féliciter le Secrétaire Générale de son parti politique.  

“L’honorable a fait un plaidoyer pour le rembauchage du personnel et il semble avoir été compris. C’est une bonne chose”, avoue t-il. 

Néanmoins, trois éléments retiennent l’attention de Gerry Taama. 

“Le premier est que le personnel ne connaît pas clairement sa situation contractuelle au sein de la société et il faut que cela soit rapidement éclairci.

Il va falloir selon lui clarifier les choses. En dehors du personnel permanent, le reste des ouvriers sont payés à l’heure, recrutés sur de courtes périodes, mais il faut que cela figure sur les fiches d’embauche et visés par les inspecteurs du travail. Il existe une nomenclature des contrats dans notre code du travail et il faut clairement définir dans quelle catégorie les ouvriers se retrouvent.

Le second élément que retient l’Ex-officier est que les autorités ont été saisies du problème. Toutefois, Gerry Taama pense que  si les employés estiment avoir été injustement licenciés, ils peuvent recourir à la voie judiciaire.

Il est vrai que la grève obéit à un certain nombre de préalables, dont le préavis, et que la violation de ces règles peut créer des dommages à l’entreprise. Mais comme l’honorable le précise, il faut clarifier la situation contractuelle du personnel employé à la zone franche” propose-t-il.

Enfin,  le troisième élément  de l’Honorable Taama, concerne la fameuse lettre de demande de pardon. 

Comme Vincent le dit, selon la version de la direction, il a été demandé au personnel qui veut reprendre le travail de faire amende honorable (au-delà de l’humiliation, c’est la légalité de la procédure qui pose problème) mais s’ils sont des journaliers comme cela semble se présenter, c’est une procédure de tri communément employée dans les pays asiatiques, où l’engagement de l’employé pour l’entreprise est souvent total. D’après la direction, aucun modèle n’aurait été imposé, mais comme une grande partie du personnel est plutôt analphabète, quelqu’un a trouvé le moyen de se faire son gombo en écrivant cette lettre type contre rétribution à ceux qui ne le peuvent pas. C’est aux inspecteurs du travail d’apprécier la légalité de la démarche” conclu t-il. 

Nous y reviendrons.

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