Le Conseil national du crédit du Togo a tenu ce jeudi 15 avril 2021 par visioconférence, sa première session au titre de l’année 2021. Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour de cette session.

La session a permis aux acteurs économiques du Togo de faire d’horizon sur la situation économique, monétaire et financière du Togo au 31 décembre 2020, la situation des établissements de crédit et des systèmes, financiers décentralisés au 31 décembre 2020, l’évolution du financement de l’économie et la note sur la qualité des services financiers au Togo.

Dans son discours d’ouverture le Ministre de l’Economie et  des Finances Sani Yaya n’a pas manqué de rappeler l’impact de la crise sanitaire sur l’économie du pays.

Comme vous le savez, la pandémie de la Covid-19 a provoqué une crise sanitaire sans précédent avec des conséquences induites sur l’environnement économique. Face à cette situation, nous avions, en mai dernier, révisé le taux de progression de l’activité économique à 1,3% pour l’année 2020, contre une prévision initiale de 5,5%. En septembre 2020, au regard des incertitudes qui entouraient la gravité et la durée de la pandémie, nous avions encore révisé à la baisse à 0,7% le taux de croissance économique pour 2020 ‘‘, a t-il déclaré.

Néanmoins, l’économie togolaise a efficacement résilié à cette situation

Toutefois, les données disponibles en mars 2021 indiquent que notre économie s’est montrée beaucoup plus résiliente face à la crise sanitaire, grâce, entre autres, aux mesures d’incitations fiscales et de soutien à la demande prises par le Gouvernement. Elle a affiché une croissance plus élevée des activités économiques que celle estimée en septembre 2020. Ainsi, le taux de croissance économique est révisé à la hausse à 1,8%. Cette progression est principalement portée par le regain d’activités dans les secteurs secondaire et tertiaire. Quant au secteur primaire, il affiche une faible performance, en relation principalement avec les poches de sécheresse et les inondations localisées qui ont pénalisé la production de certains produits vivriers. Par ailleurs, le taux d’inflation est contenu à 1,8% et le taux d’endettement est ressorti à 59% du Produit Intérieur Brut en 2020. Selon les perspectives pour 2021, la progression de l’activité économique devrait s’accélérer de 4,8%, en liaison avec les mesures prises pour une maîtrise des effets de la pandémie et une relance de la croissance économique “, a t-il poursuivit.

Le ministre a saisi l’occasion pour féliciter les responsables des institutions financières pour efforts en cette période de crise sanitaire et les à exhorter à œuvrer d’avantage pour relancer l’économie togolaise. Sani Yaya s’est dit satisfait de la qualité des services financiers au Togo.

Je note que la qualité des services financiers au Togo s’est améliorée en 2020 au regard des informations disponibles, avec toutefois, des efforts à faire dans certains domaines pour mieux satisfaire les usagers des services financiers. Les améliorations relevées concernent notamment l’offre de services de proximité par les banques et les systèmes financiers décentralisés, avec l’élargissement du réseau des distributeurs bancaires et l’installation de nouveaux points de services.

Pour finir, le ministre est revenu sur la prolifération des sociétés de placements.

Il nous a été donné de constater que, depuis un moment, certaines structures qui ne sont pas autorisées à collecter des fonds auprès du public proposent des rendements surréalistes allant jusqu’à 300% du capital souscrit à leurs clients, contre des titres de capital ou de placement. Ces pratiques exposent les populations vulnérables à un risque élevé de perte de leur épargne constituée durant des années d’efforts. A ce titre, le Gouvernement a décidé de prendre toutes les mesures pour mettre fin à la prolifération de ces sociétés de placements dans notre pays, a t-il conclut.

 

Frédéric AGBEKO