N°0622/29/04/2021/HAAC Contactez-nous
ACTUALITES

Lomé, berceau d'un réseau régional de femmes leaders

Ndiinfos 21 SEPT. 2026 a 12h30 5 min de lecture
Lomé, berceau d'un réseau régional de femmes leaders

Du 16 au 18 septembre, Lomé a accueilli vingt-sept jeunes femmes venues du Bénin, de la République démocratique du Congo et du Togo pour la Conférence régionale des jeunes femmes en leadership politique, organisée par le Groupe de Réflexion et d'Action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), en partenariat avec la Fondation Hanns Seidel, autour du thème « Présentation et échanges sur les différents programmes nationaux visant à promouvoir la participation politique des femmes : succès, défis et perspectives ». Trois jours de travaux qui ont débouché sur une décision phare : la création d'un réseau régional des femmes leaders.

La décision phare : la naissance d'un réseau régional

C'est la décision qui restera de cette conférence. En plénière, les délégations du Bénin, du Togo et de la RDC ont acté le principe d'un réseau régional des femmes leaders, conçu comme un mécanisme permanent de communication, de collaboration et de partage d'expériences entre les trois pays. Ce réseau se fixe un objectif clair : contribuer au développement du leadership féminin pour un meilleur positionnement des femmes dans les espaces de décision.

Les participantes ne sont pas reparties les mains vides sur ce dossier. Plusieurs pistes de travail concrètes ont d'ores et déjà été arrêtées : identifier les acteurs phares du leadership féminin dans chaque pays, se mettre en réseau avec des plateformes déjà existantes — WILDAF, REFELA, GF2D, CAFCO et REFAMP ont été cités —, centraliser les besoins et défis communs pour construire un plaidoyer partagé, et mobiliser des ressources en faveur de l'autonomie de ce futur réseau. Une feuille de route commune a ainsi été remise entre les mains des délégations, avec la ferme volonté d'en assurer le portage dans leurs pays respectifs dès leur retour.

Une feuille de route articulée autour de six objectifs

Cette décision centrale s'appuie sur un cadre stratégique arrêté au fil des travaux. L'objectif général retenu consiste à contribuer au renforcement du leadership et de la participation politique des jeunes femmes afin d'accroître leur représentation et leur influence dans les espaces de décision en Afrique — une trajectoire résumée en trois temps : un leadership renforcé, une participation politique accrue, puis une représentation effective dans les espaces de décision.

Six objectifs spécifiques ont été validés pour porter cette ambition : le renforcement des compétences en leadership politique des jeunes femmes ; le partage d'expériences entre pays ; la mise en place de mécanismes de mentorat et de réseautage entre jeunes leaders et femmes expérimentées ; le plaidoyer pour des cadres juridiques et politiques favorables ; la protection des femmes face aux violences ; et la mobilisation des ressources nécessaires à l'ensemble de ces engagements.

Des recommandations fermes pour transformer l'essai

Au-delà du cadre stratégique, les travaux ont accouché de recommandations précises, que les organisatrices présentent comme autant d'engagements à tenir.

Sur le plan juridique et institutionnel, les participantes ont appelé à rendre contraignants les cadres favorables à la participation politique des femmes, à vulgariser les lois sur leurs droits — y compris en langues locales — et à renforcer l'application effective des textes favorables à l'égalité.

En matière d'autonomisation, la conférence a recommandé de renforcer les femmes sur les plans financier, social et politique, d'encourager l'alphabétisation, et de consolider leurs compétences en leadership, communication et négociation.

Le volet mentorat n'a pas été en reste, avec un appel à intensifier les systèmes de coaching pour les jeunes femmes, à créer des espaces virtuels d'échange entre femmes leaders de la sous-région, et à cultiver une véritable sororité intergénérationnelle.

Enfin, une attention particulière a été portée à l'inclusion des groupes minoritaires et des femmes en situation de handicap, avec des recommandations visant à lever les barrières socioculturelles qui freinent leur engagement politique et à adapter les infrastructures aux besoins de ces publics. Sur le plan du plaidoyer, les délégations ont décidé de transformer les expériences du Bénin, du Togo et de la RDC en stratégies communes, avec une ambition affichée : dépasser la seule logique de représentation pour peser réellement dans les décisions.

Des partenaires qui saluent un engagement collectif

Lors de la cérémonie de clôture, la Présidente du Conseil d'Administration du GF2D a salué un atelier qui, selon ses mots, « a été bien plus qu'une rencontre : il a été un véritable espace de sororité, d'apprentissage et d'engagement panafricain ». Elle a insisté sur la pertinence du thème choisi, à l'heure où la sous-représentation des femmes dans les instances de décision demeure une réalité, ainsi que sur la qualité de l'organisation et la richesse de la méthode participative déployée durant les trois jours.

L'Ambassadeur d'Allemagne, M. Stefan Messerer, ainsi que le Représentant régional pour l'Afrique de l'Ouest de la Fondation Hanns Seidel, M. Heinicke, partenaire financier de l'atelier, ont tour à tour salué le dynamisme des travaux et l'engagement collectif des femmes réunies autour de cette cause commune.

Et maintenant ?

Au terme de ces trois journées, les vingt-sept participantes sont reparties porteuses d'un mandat clair : donner corps, dans leurs pays respectifs, au réseau régional des femmes leaders acté à Lomé. Un impact que les organisatrices n'ont pas hésité à qualifier de plus belle réussite de cette conférence, dont les prolongements sont désormais attendus au Bénin, en RDC comme au Togo.

Espace publicite728 x 90 - Bandeau leaderboard

A lire aussi